Brest Que mangeait-on au Néolithique?

L’IUEM organise le 28 janvier une journée d’études sur la mer et la (pré)histoire, à Brest. Catherine Dupont décrira ce que mangeaient les hommes préhistoriques.

Dernière mise à jour : 23/01/2014 à 17:31

Beg ar Loued (Molène) a été fouillé de 2003 à 2013.
Beg ar Loued (Molène) a été fouillé de 2003 à 2013.
Par Adèle Morlet

Catherine Dupont exerce un métier extrêmement rare : archéomalacologue. Un terme un peu barbare pour décrire l’étude, à partir des invertébrés marins, des populations côtières et leur relation avec leur environnement. La chercheuse du CNRS intervient dès qu’un amas de coquillages est trouvé sur un site archéologique.
La jeune femme a souvent eu l’occasion de se déplacer en Mer d’Iroise. Notamment sur le site de Beg ar Loued, (île de Molène). « On y a trouvé une quantité impressionnante de coquillages et en particulier de patelles. À l’époque du Néolithique, c’est le coquillage le plus consommé », relate Catherine Dupont.

Pas de saint-jacques au menu

Sur ce site occupé de – 2 200 à -1 800 avant notre ère, la chercheuse a aussi trouvé des ébauches de perles de pourpres dans des patelles. « Était-ce un bijou, une décoration de vêtement, une monnaie d’échange ? Impossible de le dire », poursuit l’archéomalacologue. De nombreuses patelles servaient aussi à combler les interstices de la maison de pierres sèches de Beg ar Loued. « C’est une pratique qu’on retrouve aux siècles suivants. »
D’autres sites permettent d’allonger la liste des coquillages consommés par les hommes préhistoriques : pétoncles, bigorneaux, coques, moules, monodontes… Ce coquillage, proche cousin du bigorneau, a disparu de l’alimentation contemporaine. Il est pourtant toujours présent. En revanche, les coquilles saint-jacques n’entraient pas dans le menu type de nos ancêtres. « Les hommes n’avaient pas les moyens de les pêcher. On en a trouvé sur des fouilles mais elles devaient davantage servir d’outils », avance Catherine Dupont. L’huître était consommée. « On en a retrouvé des quantités importantes à l’abbaye de Landévennec. Elle était réservée aux populations aisées. »
Sur le site de Tariec Vraz (Landéda), les chercheurs ont découvert la plus ancienne utilisation du pourpre comme colorant, sur toute la façade atlantique. « Les hommes du Bronze ancien extrayaient une petite glande de ce coquillage. En s’oxydant à l’air, la couleur vire au pourpre. Ce colorant devait être utilisé pour teindre un vêtement ou tatouer le corps », estime Catherine Dupont. Une pratique qui perdure jusqu’au XVIe siècle.
Les coquillages retrouvés permettent de mieux connaître nos ancêtres mais aussi le climat de l’époque. « Leur coquille enregistre tous les paramètres environnementaux. On envisage donc de travailler sur cet aspect à l’avenir », annonce la chercheuse.

Brest, 29

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