Quimper Le breton, c'est dès le primaire

Le 1er Schéma linguistique du Conseil départemental du Finistère veut pérenniser l'enseignement du breton. A l'instar de ce qui se fait en Corse ou en Alsace.

10/02/2017 à 15:29 par Administrateur

Jean-Pierre Doucen, adjoint au maire chargé de l'éducation et de la langue bretonne à Quimper, et Lena Louarn, vice-présidente du Conseil régional, chargée des langues de Bretagne, assistent à une initiation au breton à l'école primaire Paul Grimault-Stang Ar C'Hoat. -
Jean-Pierre Doucen, adjoint au maire chargé de l'éducation et de la langue bretonne à Quimper, et Lena Louarn, vice-présidente du Conseil régional, chargée des langues de Bretagne, assistent à une initiation au breton à l'école primaire Paul Grimault-Stang Ar C'Hoat.

Aujourd’hui, plus de 8 000 enfants des écoles maternelles et primaires finistériennes publiques suivent des cours d’initiation au breton (près de 334 heures/semaine, réparties sur 110 écoles dans 75 communes). Cette initiation se fait dans un cadre réglementaire défini par le ministère : un partenariat tripartite associant le Département, l’inspection académique et les associations qualifiées (comme Mervent en Cornouaille) qui interviennent dans le temps scolaire, 1 heure par semaine pendant trois ans, sur demande des écoles.

De l’initiation à l’enseignement

Ce dispositif d’initiation au breton en primaire, initié en 2000 par le Conseil général, souhaitait à l’origine valoriser un patrimoine culturel menacé. Il était financé uniquement par le Département et les communes.

À partir de 2010, la contribution du Conseil régional de Bretagne (100 000 €/an) est venue diminuer de façon significative l’effort financier des communes (qui passe de 50 à 17 %) et a incité de nouvelles écoles à intégrer le dispositif. L’objectif à moyen terme était de pouvoir faire bénéficier 18 000 élèves de l’initiation au breton.

Alors que l’évaluation de sa politique de la langue bretonne, réalisée en 2014, souligne la vision largement positive qu’ont les enseignants de primaire sur les retombées de cet apprentissage, le budget du Conseil départemental stagne depuis deux ans. Le premier Schéma linguistique départemental pour la période 2016-2021, voté à l’unanimité, propose de généraliser l’initiation à l’ensemble des élèves du premier degré, dans le cadre des missions de l’État.

On passerait de ce fait d’une initiation « à la demande », à un enseignement généralisé inscrit dans les programmes scolaires du premier degré, aussi bien dans l’enseignement public que privé, et financé par l’État. Comme l’Alsace et la Corse l’ont déjà obtenu (17 millions sur 5 ans pour 300 000 habitants en Corse).

Le dossier est sur le bureau de la ministre

Le département du Finistère se propose d’appliquer de façon expérimentale cette idée à l’ensemble des écoles du département pour l’étendre ensuite, de façon progressive, à la région Bretagne. Ardemment défendu par Nathalie Sarrabezolles, présidente du Conseil départemental, et Solange Creignou, déléguée à la langue bretonne, et sous l’œil bienveillant de Jean-Yves Le Drian, le dossier est depuis mi-décembre sur le bureau de la ministre Najat Vallaud Belkacem.

Les élus espèrent un retour favorable rapide avant que le calendrier électoral ne repousse ou n’engloutisse le projet : « Ce qui serait regrettable car les outils pédagogiques sont prêts et que cela donnerait un bel élan à la formation adulte et à l’emploi en langue bretonne », conclut Léna Louarn, vice-présidente de la région Bretagne en charge de la politique linguistique, en visite à Quimper mercredi 8 février.

29000 Quimper

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