Yannick Calvez, nouveau président du comité des pêches du Finistère : « Accompagner davantage les jeunes »

Le patron du caseyeur hauturier vient d'être élu à la tête du Comité départemental des pêches maritimes et des élevages marins. Interview.

02/03/2017 à 16:35 par Adele Leberre

Yannick Calvez, 49 ans, est président de la commission crustacés au Comité national des pêches. -
Yannick Calvez, 49 ans, est président de la commission crustacés au Comité national des pêches.

Propos recueillis par Adèle Le Berre

Vous succédez à Jean-Jacques Tanguy à la tête du Comité départemental des pêches. Quelles sont vos priorités pour les cinq ans à venir ?

Je m’inscris dans la continuité de l’action de Jean-Jacques Tanguy dont j’étais l’un des vice-présidents. Au cours de mon mandat, je veux améliorer l’information des marins et la communication au sens large : envers les professionnels, le grand public, les partenaires territoriaux…
Nous allons aussi informer davantage les jeunes marins qui s’installent. Jusque-là, ils s’adressaient à nous quand ils avaient un problème. Depuis le début de l’année, nous avons recensé une quinzaine de jeunes qui s’installent en pêche côtière essentiellement ou prévoient de le faire à court terme. C’est encourageant.

Le renouvellement des générations et des bateaux est une préoccupation majeure. Pouvez-vous agir ?

La flotte vieillit de manière très préoccupante. Or, la réglementation européenne interdit strictement les subventions pour construire des bateaux neufs. Dans ces conditions, il est extrêmement difficile pour un jeune de financer la construction d’un chalutier. Il faut compter 3 millions pour un bateau de 24 m.
Le financement des bateaux est une question clé. En ce moment, cinq unités sont en chantier ou vont l’être. Leurs propriétaires se sont lancés car les deux-trois dernières années ont été favorables : prix du poisson rémunérateur, ressource, prix du gasoil assez bas.

Fin 2016, le Finistère comptait 568 navires et 2 492 marins pêcheurs. Ces chiffres diminuent année après année.

Depuis trois ans, la baisse est moins brutale. On perd en moyenne 2 % des marins par an. En revanche, on constate que les capitaux étrangers sont de plus en plus présents. Ce qui constitue une source d’inquiétude. Depuis cet été, l’armement La Houle est en partie irlandais. Les nouveaux propriétaires ont choisi de maintenir des équipages français et de débarquer en Cornouaille. Mais pour combien de temps ?
Plusieurs autres bateaux ont été rachetés par des Espagnols. Eux ont choisi de mettre des marins espagnols, de débarquer la pêche en Cornouaille mais de l’envoyer directement en camion en Espagne. C’est une perte de valeur pour la région. Quant à l’armement thonier concarnois CFTO (14 thoniers senneurs), il est depuis cet été, hollandais. Les intérêts de ces pays ne sont pas les mêmes que les nôtres.

Quelles seront les conséquences du Brexit sur la pêche ?

Nous n’en avons pas la moindre idée. Et les pêcheurs anglais n’en savent pas davantage. Nous avons des droits de pêche historiques dans leurs eaux territoriales et vice-versa. Ils écoulent leurs produits sur nos marchés, ils débarquent parfois dans nos ports… En conformité avec la politique européenne des pêches, les Anglais ont encadré leurs pratiques, le maillage, la taille des poissons…
Honnêtement, je ne pense pas qu’ils vont tout défaire et nous interdire l’accès à leurs eaux… Ils pourront y perdre. Les négociations de sortie du Brexit vont démarrer prochainement. Mais la France aura du mal à peser dans les négociations à cause des échéances présidentielles.

568 navires en 2016
Au 31 décembre 2016, la Direction départementale des territoires et de la mer recensait 568 bateaux dans le Finistère, contre 733 en 2010. La Cornouaille concentre, à elle-seule, 354 bateaux qui se répartissent dans les quartiers maritimes du Guilvinec (213), de Concarneau (94), Audierne (39) et Douarnenez (8). La flottille finistérienne se caractérise par la diversité de ses métiers: arts dormants (325 navires), chalutiers (162), caseyeurs exclusifs (72), dragues remorquées (56), senneurs (22) et thoniers océaniques (15). L’année dernière, le département comptait 2 492 marins pêcheurs, contre 2 713 en 2010. Enfin, 48 463 tonnes de pêche fraîche ont été débarquées sous les criées finistériennes en 2016.

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