Quand le bruit devient insupportable

Certaines personnes ne supportent pas d'entendre des bruits de reniflement ou de mastication. Description de ce trouble peu connu mais pourtant handicapant.

16/03/2017 à 17:35 par Administrateur

Ce trouble est d'ordre neuropsychiatrique. © Cara Foto Fotolia -
Ce trouble est d'ordre neuropsychiatrique. © Cara Foto Fotolia -

Par Johanna Amselem

Dans les transports, un passager ne cesse de renifler ? Au petit-déjeuner, votre voisin de table mastique un peu bruyamment ses céréales et ses tartines ? Au bureau, vous avez envie d’étriper votre collègue qui boit son café ? Tous ces bruits vous rendent fous et vous avez envie de hurler ? Intolérant ? Peut-être pas. La science a mis un nom sur votre problème : la misophonie. Ce trouble neuropsychiatrique suscite des réactions disproportionnées chez les personnes atteintes. Au quotidien, il est pourtant difficile d’éviter ces nombreux bruits. Ceux qui souffrent de misophonie, cette « haine du son », peuvent donc vivre un enfer… et en faire vivre un à leur entourage.

Accélération du rythme cardiaque

Une récente étude publiée dans la revue Current Biology en dit plus sur ce trouble encore méconnu. D’après les chercheurs, le cerveau des personnes concernées présente une réaction cérébrale anormale à ces sons. Pour le prouver, les chercheurs ont fait écouter certains sons (cris de bébé, mastication, respiration) à des misophones. Chez eux, le scanner cérébral a révélé une activité intense dans le cortex insulaire antérieur. C’est cette zone précise qui régule les réactions. Chez les non-misophones, ces bruits sont ignorés et aucune réaction n’est remarquée.

Recherche d’un traitement

D’où ça vient ? Chez les personnes atteintes par ce trouble, les connexions neurologiques diffèrent au niveau du lobe frontal. En plus de ne pas supporter les sons, les personnes ressentent une importante sudation et une augmentation de la fréquence cardiaque. Les chercheurs espèrent maintenant mettre au point un traitement adapté pour soulager le quotidien des malades. Actuellement, des spécialistes se tournent vers des thérapies cognitivo-comportementales pour limiter les réactions négatives.

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