Quimper Elles marchent pour soutenir leurs conjoints agriculteurs

Nommée la Marche de la ruralité, à l'appel de femmes d'agriculteurs, un rassemblement s'est tenu mardi 18 avril dans les rues de Quimper.

19/04/2017 à 17:15 par Sébastien Joncquez

Une trentaine de personnes - dont une poignée d'hommes - ont défilé dans les rues de Quimper mardi 18avril. -
Une trentaine de personnes - dont une poignée d'hommes - ont défilé dans les rues de Quimper mardi 18avril. -

Par Sébastien Joncquez

En ce lendemain de lundi de Pâques, l’organisation de la Marche de la ruralité ne s’attendait pas à voir autant de monde que lors de celle organisée en 2016 à Brest. Ce jour-là, le 9 avril, une centaine de personnes avaient parcouru les rues de la cité du Ponant afin de demander le soutien de la population à la cause agricole.

À Quimper, ce sont une trentaine de personnes – des femmes pour l’essentiel – qui ont distribué des tracts afin d’expliquer leur démarche. « Nous souffrons en silence », a dit l’une d’elles. « Avec la situation actuelle, c’est toute la famille qui est impactée. Nos enfants, notamment, sont très perturbés », a indiqué, pour sa part, Agnès Kerbrat, vice-présidente de la Chambre d’agriculture du Finistère.

Lettre au Premier ministre

Anne-Marie, ambulancière et femme d’agriculteur, a fait remarquer que la pression sur leurs épaules est lourde : « Nous sommes tout le temps dans le rouge. Du coup, les banques n’arrêtent pas de nous appeler. Je trouve qu’elles ne jouent vraiment pas le jeu. »

Manon, auteur d’une lettre au Premier ministre en date du 11 novembre dernier, était également là. Dans son courrier (envoyé via Facebook), elle indiquait :

J’ai peur pour l’avenir. Et oui, à 16 ans, j’ai peur pour l’avenir. Quelle idée ! J’ai peur de ce que les petites fermes de campagne vont devenir. [...] Connaissez-vous beaucoup de personnes qui, après une semaine de travail déjà difficile, sacrifieraient leurs week-ends en amoureux, leurs vacances en famille, pour nourrir des individus qui n’ont aucune considération de leur travail, qui cherchent toujours à trouver le prix le plus faible pour manger, en ignorant leur provenance, quitte à endetter les agriculteurs français ?

Les Foulards noirs

La jeune fille a été chaleureusement saluée par quatre “Foulards noirs” venus tout spécialement soutenir cette mobilisation. « Nous sommes femmes d’agricultrices ou agricultrices nous-même, explique Ludivine. Nous nous mobilisons pour nos maris, nos enfants, nos vies. Nous revendiquons le savoir-faire de notre belle agriculture. »

Les Foulards noirs, comme toutes les autres personnes ici présentes, demandent à tout à chacun de comprendre l’enjeu du “manger français” :

Consommer français, ce n’est pas qu’un acte civique ; c’est aussi croire en l’agriculture française, en la qualité de nos produits, en nos hommes et nos femmes qui, jour après jour, essaient péniblement de vivre de leur passion.

Créé il y a un an dans le Calvados, ce mouvement revendique aujourd’hui 805 « abonnés » sur sa page Facebook. De manière pacifiste, ses adhérentes – qui portent un foulard à l’image de ce qui se faisait il y une cinquantaine d’années, noir car « l’agriculture est en deuil » – entendent défendre cette idée auprès du grand public partout en France.

29000 Quimper

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