Brest Les plongeurs démineurs en première ligne

Chaque semaine, les plongeurs démineurs procèdent au contreminage de bombes, mines, munitions... Un travail dangereux mené par des hommes ultra entraînés et soigneusement sélectionnés.

04/05/2017 à 12:10 par Administrateur

Les destructions de munitions peuvent donner lieu à des gerbes impressionnantes. © B.Planchais-Marine Nationale -
Les destructions de munitions peuvent donner lieu à des gerbes impressionnantes. © B.Planchais-Marine Nationale -

Par Adèle Le Berre

Le 9 mars dernier, 33 engins explosifs équivalant à 390 kg de TNT ont été contreminés en Rade de Brest. Cette opération n’est pas exceptionnelle. Chaque semaine, des engins explosifs datant essentiellement de la Seconde Guerre mondiale sont détruits sur la côte Atlantique, en Manche et en Méditerranée.

La Rade de Brest est l’un des secteurs les plus touchés par les bombardements de 39-45. À titre d’exemple, pendant le seul siège de Brest (entre le 7 août et le 18 septembre 1944), 30 000 bombes et 100 000 obus ont été déversés sur la ville ! « On estime que seulement 20 % des mines de la Seconde Guerre mondiale ont été neutralisées et déblayées. Il reste donc encore du travail pour quelques décennies », commente le capitaine de corvette Pierre Montanié, commandant du chasseur de mines tripartite, l’Eridan.

La destruction de ces engins explosifs est réalisée par les officiers mariniers plongeurs démineurs. Ces marins d’élite peuvent être embarqués à bord des 11 chasseurs de mines ou basés à terre dans l’un des trois Groupes de plongeurs démineurs (GPD Atlantique à Brest, GPD Manche à Cherbourg ou GPD Méditerranée à Toulon). Brest concentre des moyens particulièrement importants (8 chasseurs de mines et le GPD Atlantique) en raison de l’importance des bombardements et de la présence de la base des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (lire ci-dessous).

Des engins de plus de 900 kg !

En 2016, le GPDA a traité 248 munitions. En 2014 et 2015, le chiffre de 500 munitions a été dépassé. « Ces années-là ont été marquées par le passage d’une série de tempêtes. Or, ce sont les mouvements de sable, les courants… qui font ressurgir des bombes. Y compris des engins de plus de 900 kg ! On ne peut jamais être sûr qu’une zone ne contient plus aucun engin », signale le lieutenant de vaisseau Martial R, commandant en second du GPDA (27 plongeurs). Ces engins explosifs peuvent être des mines, des mines antichars, des obus d’artillerie, des bombes, des grenades à main, des cartouches

En général, le GPDA et les chasseurs de mines sont appelés lors de découverte fortuite effectuée par des pêcheurs, des promeneurs, des clubs de plongée… « Les découvreurs ne doivent en aucun cas toucher ces engins. Ils peuvent se révéler encore plus dangereux soixante-dix ans plus tard », avertit le lieutenant de vaisseau Martial R. Une fois informée, la préfecture maritime missionne un chasseur de mines ou le GPDA. Celui-ci intervient sur les plages (jusqu’à la laisse de haute mer) et en mer grâce à son bâtiment support, le Styx.

Le contreminage peut se faire sur le lieu même de la découverte ou au large (si l’engin peut être déplacé) en mettant au contact une charge explosive (Hexomax). Dans tous les cas, un périmètre de sécurité est établi. « Nous avons une vraie mission opérationnelle : détruire des mines historiques au profit des populations », insiste le commandant en second du GPDA dont l’une des missions les plus marquantes reste la destruction de 11 mines allemandes au large de Plouguerneau au printemps 2016.

29200 Brest

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